mars 9

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Les photos que je ne prends pas

By ManuBZH

mars 9, 2020


Alors, ça va, ce confinement se passe bien ?

Côté photo, c’est évidemment un peu compliqué, surtout pour moi dont la matière première des projets se trouve à l’extérieur. Au moins, ça permet de se poser un peu et de faire un peu d’introspection.

Je suis toujours dans cette démarche, présentée dans ce billet sur mes objectifs photo pour 2020, de faire évoluer ma pratique de la photo, de lui donner une orientation tout en restant fidèle à mes fondamentaux : la mer, les paysages, la contemplation, la couleur, la lumière, etc… Pour alimenter cette réflexion, j’ai pris le contre-pied et je me suis posé cette question : qu’est-ce que je n’aime pas faire, ou même voir ou regarder, en photographie ? Mine de rien, ça permet déjà d’initier un gros écrémage et de se focaliser sur ce qu’il reste. Alors voici un tour d’horizon de ce que je n’aime pas faire, des pratiques pour lesquelles je ne me sens pas à l’aise ou armé, et aussi de ce que je n’aime tout simplement pas. Let’s go !


Disclaimer

Dans cet article, il n’est question que de ce que je pense de tel ou tel style ou pratique. Il n’y a aucune attaque ou jugement de personne. Si vous pratiquez un des styles ci-dessous, c’est cool, continuez à vous faire plaisir, c’est tout ce qui compte.


La photo par drone et autre gadgets divers et variés.

Je relisais hier un des innombrables articles sur les meilleurs trucs pour prendre les photos par drone. Le fait est que ce genre de photo est très tendance.

La plupart des photographes pro se sont lancés dans cette technique, beaucoup d’amateurs (qui n’ont parfois rien à envier aux pros) également. C’est un bon moyen de se diversifier pour qui fait des photos de paysage.

Techniquement, le matériel est relativement accessible, ne nécessite pas de compétences inatteignables (mais quand même, il faut savoir piloter un minimum !). Attention quand même, la réglementation a été récemment durcie. Les photos prises du ciel sont en général assez spectaculaires, et provoquent quasiment à coup sûr un effet « WOW ». Pour l’auteur, c’est plutôt satisfaisant.

Mais, à de rares exceptions près, ça me laisse assez indifférent.

En dépit de l’effet de hauteur, de l’angle de vue évidemment inaccessible pour un piéton comme moi, je ne suis pas fan.

Comme l’effet WOW est justement gagné d’avance (et le nombre de likes sur Insta qui ira avec, c’est super important), je trouve que cela donne des compositions en général assez fainéantes, sans originalité ni recherche.

On mise tout sur le côté spectaculaire, mais à part ça, il est rare de trouver un minimum d’intention autre que « je peux voir des trucs comme les voient les oiseaux alors que toi, coincé sur la terre, tu n’y as pas accès (nananèèreuh) ». 

J’ai parlé d’exceptions, il y en a, heureusement. Cette série d’Aurore Brebel, par exemple. 

Plus généralement, toutes ces photos qui misent uniquement sur un élément technique sans aller plus loin ne m’intéressent pas. J’ai cité les drones. Je pourrais aussi parler de ces boules en verre qui renversent les paysages, ou de ces trucs qu’on fait tourner et qui font des gerbes d’étincelles. C’est rigolo 5 minutes, mais après ?

C’est rigolo, c’est tout à l’envers !
Ouah, des étincelles, c’est trop fort

La Voie Lactée

Ah, encore un grand classique qui me laisse totalement indifférent.

Pourtant, ça a l’air assez balisé pour faire une belle photo de Voie Lactée.

Il faut le super méga appareil qui monte à trouzmille ISO et full frame (sinon, c’est naze, c’est bien connu). Ne pas oublier l’objectif qui ouvre à mort (et à mort aussi le compte en banque). Côté composition, un premier plan servira de prétexte. Ce n’est pas lui le sujet, ce sont les étoiles.

Après s’être gelé les gonades et passé des heures à débruiter l’image, hop, on a une superbe photo de Voie Lactée !

Mais là encore, c’est la performance technique qui l’emporte sur l’originalité. Il n’y a en général aucun lien entre le premier plan et le ciel étoilé, donc aucune chance d’exprimer vraiment quelque chose.

Photo Laurent Laveder

La Macro

A l’opposé de l’infiniment grand ci-dessus, la macro est le monde de l’infiniment petit. Bon pas complètement infiniment, mais très petit quand même. C’est le monde des abeilles sur les fleurs, des coccinelles sur un brin d’herbe, des pistils de coquelicots en très gros plans avec un maximum de bokeh (c’est important, ça le bokeh). Sans aller jusqu’à cet extrême, je trouve là encore que la technique prend trop le pas sur l’intention. C’est pas désagréable en soi, mais de mon point de vue d’un intérêt limité.

La photo animalière

C’est un peu comme la macro, ça. C’est joli, mais ça ne me procure pas de grands frissons. Que ce soit les photos d’oiseaux, de félins sauvages, de rhinocéros… rien, nada.

Toute règle ayant ses exceptions, j’adore le travail de Vincent Munier (même si nous portons le même patronyme, nous n’avons rien à voir l’un avec l’autre !)

© Vincent Munier

Les portraits

Là, c’est plus compliqué pour moi.

Ce n’est clairement pas un domaine avec lequel je suis à l’aise, a fortiori quand il s’agit de faire du portrait posé. Je n’en ai pas la fibre, tout simplement. Déjà que j’évite la plupart du temps d’avoir une présence humaine sur mes photos, en faire le sujet principal est pour moi à la limite du contre-nature. 

Pourtant, j’apprécie les portraits, surtout quand ils sont peu voire pas du tout posés. Par exemple, comme ceux-là.  J’aimerais pouvoir avoir cette aisance, mais a priori, ce n’est pas gagné, sauf à passer des heures avec des modèles compréhensifs. Bref, ce n’est pour l’instant pas pour moi, mais qui sait…

Le Nu

Déjà que j’ai du mal à faire des portraits de gens habillés, alors faire du nu…

Sans compter que je ne peux m’empêcher de penser que les mecs qui font du nu ne sont en fait que de gros satyres libidineux qui cherchent à se rincer l’oeil. Ils cherchent à sublimer le corpssymboliser la beauté de la nature  (ou la pureté, ça marche aussi) par le corps nu d’une femme… Les prétextes à 2 roubles pour faire croire à une démarche artistique sont légion, mais sont aussi des foutaises.

L’urbex

Encore une pratique qui me laisse pour ainsi dire indifférent.

La plupart de photos d’urbex que je vois me hurle « regarde comme c’est tout délabré ici, je suis trop un thug d’aller faire des photos ici !« 

Au delà de l’aspect descriptif du lieu, je n’ai jamais vu de photos qui racontent l’histoire de ces bâtiments visités.

Ou plutôt violés, devrais-je dire, car même s’ils sont à l’abandon, ces bâtisses sont des propriétés privées, les pénétrer est donc illégal. Et comme elles sont justement à l’abandon et délabrées, il est dangereux de s’y aventurer.

Personne n’est à l’abri d’un plancher qui s’effondre ou d’un bout de charpente qui chute (et je sais de quoi je parle).

Le Nurbex.

Alliance audacieuse entre l’urbex et le nu.

Vous connaissez l’expression anglaise « the best of both worlds » (le meilleur des 2 mondes) ? Eh bien le nurbex en est l’exact contraire.

Non, mais qui a eu l’idée d’associer ces 2 domaines ? Qu’il se dénonce ! (Oui, je dis ‘il’, car ça ne peut être qu’une idée de mec, ça). Pourquoi vouloir mettre une fille nue au milieu de ruines glauques et scabreuses ? (Parce que oui, évidemment, c’est quasiment toujours des filles nues, jamais des mecs…). Quel est le message ? Encore une énigme…

Oh mais quelle joie de me retrouver nue au milieu de ces débris ! J’en rêvais ! © Michel Dhéri

La street photography

Attention, sujet vaste et sensible.

Sujet vaste, car ce terme regroupe une foultitude de pratiques différentes : le paysage urbain, les gens, la vie quotidienne, les rues, etc…

Sujet sensible, parce que dès que l’on prend quelqu’un en photo, surgissent aussitôt les réflexions d’usage : « Vous avez pas le droit de me prendre en photo / Hey ! Et mon droit à l’image ?!! ». Il est pourtant acquis qu’on a parfaitement le droit de prendre en photo des inconnus dans la rue. Même si ce sont des policiers qui molestent en tout bien tout honneur un manifestant. 

En ce qui me concerne, prendre les gens dans la rue n’est pas mon truc. Je n’aime pas ça, je n’y vois pas d’intérêt, et donc, ça m’ennuie. C’est sûrement parce que je n’ai pas les clés pour comprendre ce style de photo pourtant très populaire chez les photographes.

Oui, très populaire, il n’y a qu’à constater la polémique suscitée par les méthodes de Tatsuo Suzuki et qui a agité le landerneau des photographes (et d’ailleurs, eux seuls, le reste de la planète s’en foutait complètement). Mais décidément, non je n’accroche pas à ce style. A quelques exceptions près, comme Martin Parr (évidemment).

© Martin Parr

En revanche, j’aime bien pratiquer la street photo sans personne, ou avec une présence humaine minimale, et non reconnaissable pour ne pas être embêté avec les ayatollahs du droit à l’image.

Ce qui m’intéresse, c’est alors le hors cadre, la projection que l’on se fait de ce qu’il y avait juste avant la photo, ou de ce qui se passera juste après. C’est le sens de ma série Noctambulages que j’avais déjà présentée et dont je remets quelques photos un peu plus bas.

Et alors, t’aimes rien ?

C’est ce qu’on pourrait conclure un peu hâtivement. Mais il n’en est rien.

Tout d’abord, j’aime ce que je fais, et c’est bien le principal. Je ne fais pas de photo pour plaire, je fais celles qui me plaisent. Cela n’empêche pas d’être ouvert à toutes sortes de styles, même si je ne les pratique pas ou peu. Je dis peu parce qu’il ne faut jamais dire jamais, et qu’il m’arrive de me frotter aux styles que j’évoque ci-dessus.

Qui sait, peut-être qu’un jour je m’y intéresserai vraiment.

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