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mars 13

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Au-delà de la photographie imprimée…

By ManuBZH

mars 13, 2022


Dans l’article précédent, vous avez lu pourquoi, à mes yeux, une photographie doit être imprimée pour exister. C’est la seule façon de l’apprécier vraiment, et la seule façon de véritablement la montrer.

Je le savais déjà, mais j’en ai vraiment pris conscience avec l’exposition que j’ai eue la chance de réaliser.

Mais ce n’est pas tout. Au-delà de l’impression, je crois qu’une photo forme un tout avec son support et sa présentation.

C’est grâce à ce moment passé à discuter avec les visiteurs, que je m’en suis rendu compte. J’en ai tiré quelques leçons qui rejailliront directement sur mes photos et ma façon de vous les proposer. Si certaines de ces leçons sont assez évidentes (mais ça va mieux en le disant, et encore mieux en l’écrivant), d’autres me sont apparues plus inattendues.

Prêts à entrer dans ma tête et mes réflexions ? Alors embarquez avec moi.

Une photo imprimée, c’est d’abord du papier

Oui, je sais, Captain Obvious n’est pas loin avec un titre pareil. Et pourtant…

Ça aussi, je le savais, mais je n’avais pas encore réalisé à quel point c’est important : une photo est un objet que l’on aime toucher, sentir sous ses doigts. Avec précautions, certes, et pas tout le temps (surtout pas), mais nous avons un rapport tactile avec elle.

Et pour cela, la qualité du papier est primordiale. Pour l’exposition, j’avais choisi un papier relativement épais, mat et lisse. Ce choix s’est avéré judicieux, car le rendu global était à la hauteur de mes espérances.

D’ailleurs, j’ai pu voir à quel point les visiteurs étaient émus quand ils prenaient en main les photos pour les regarder sous une lumière différente ou un autre angle. Ils manipulaient les photos ave d’infinies précautions. Ils réalisaient qu’ils avaient en main plus qu’une photo imprimée : un objet noble et précieux.

De cette expérience, j’en ai conclu que le choix du papier est un élément fondamental :

  • il doit être suffisamment solide pour accepter les manipulations ;
  • il faut aussi composer avec la sensibilité du papier au reflets ;
  • évidemment, il doit respecter les couleurs ;
  • et surtout, pour moi, la texture du papier doit être en accord avec le sujet de la photo.

A la lumière de cette prise de conscience, j’ai commencé à mener quelques expériences pour déterminer les meilleurs papiers en accord avec les images. Par exemple, j’ai constaté qu’un papier trop texturé a tendance à voler la vedette à l’image elle-même. Je vous en dirai plus sur mes expériences dans un autre article.

Bretagne, Brittany, ICM, Intentional camera movement, chapel, church, cross, chapelle, croix

Sur une image comme celle-ci, un papier plutôt lisse donne un meilleur résultat qu’un papier très texturé.

Il faut voir grand

Est-ce que vous prêteriez autant d’attention à une photo imprimée en grand format (disons environ 40cm×30cm, ou format A3) et à la même image sur un format de carte postale ? Je suis intimement convaincu que non. Peu importe l’image, le petit format rappelle plus un objet de consommation courante, jetable, bénin. Et accrocher l’équivalent d’une carte postale sur vos murs n’aura que peu d’impact visuel.

Ainsi, je me suis rendu compte que mes photos étaient au top de leur accomplissement visuel grâce à un tirage en grand format, c’est-à-dire au format A3 environ. A la limite au format A4, et encore, ça ne fonctionne pas pour toutes les photos. En dessous, vous ne pouvez pas percevoir les nuances et les détails.

Pas question cependant de démesure à la Andreas Gursky et ses photos de 8m de long. Mais je vais opter pour les formats les plus grands pour ma série “Mondes d’ailleurs”, et supprimer les plus petits, les A5 et 24cm×18cm. Je conserve ces 2 derniers pour mes autres séries de paysages.

Sur un tirage trop petit, il est impossible de voir tous les détails sur les bateaux

Au fait, vous savez pourquoi je parle du format A3 ? C’est parce que c’est selon moi le format idéal. Avec lui, un rapport équilibré s’établit entre l’image et la distance nécessaire pour regarder la photo dans son ensemble. Et si vous avez de grands murs ou de grandes pièces, avec une photo imprimée au format A2 (environ 60cm×40cm) vous possèderez carrément une fenêtre vers l’extérieur, vers un autre monde.

Et pour donner cette impression de pénétrer dans la photo et de vous échapper vers un autre monde, un élément joue un rôle fondamental, c’est…

Le cadre (et le passe-partout)

Vous avez acquis une photo. Grâce à elle, vous avez ce petit frisson de plaisir à l’idée d’avoir une vraie œuvre pour vous, pour montrer à votre entourage. Et de plus, vous savez maintenant qu’elle est imprimée sur un papier soigneusement sélectionné pour magnifier l’image.

Est-ce que vous prendriez le risque de la coller à la Patafix sur votre mur ?

Est-ce que vous prendriez le risque de laisser la poussière coloniser l’image et ternir les couleurs ? Ou, pire, être tâchée par les déjections des mouches ? Déchirée par les griffes du chat ?

Evidemment, non. Vous avez trop de respect pour l’œuvre pour ça.

C’est bien entendu pour ces raisons qu’un tirage d’art doit être encadré et protégé. Mais j’ai découvert aussi une raison supplémentaire.

Le cadre (et le passe-partout) jouent un rôle important dans la façon de regarder les photos. Selon leurs couleurs, évidemment, mais aussi leurs géométrie.

Pour les photos de ma série “Mondes d’ailleurs” que j’ai exposées, j’ai opté pour des cadres noirs au design le plus épuré possible pour ne pas distraire l’œil et perturber la lecture des images. Exit donc les moulures et autres ornements. Les passe-partout sont eux aussi noirs, avec un filet blanc pour rehausser les images. L’ensemble donne un aspect très cinématographique aux images. Et mieux encore : cela renforce la sensation d’une fenêtre ouverte vers un autre univers.

Et en disposant la photo au fond du cadre, vous avez en plus une impression de profondeur. Vous ne regardez plus une photo, vous pénétrez dans l’image.

Mais pour cela, encore faut-il savoir par où passer.

Au passage, les cadres choisis pour l’exposition sont fabriqués en Bretagne. Le développement local, c’est bien aussi.

L’importance d’un point d’entrée dans l’image

Vous vous rappelez ? Dans l’introduction, je disais que certaines leçons étaient inattendues. En voilà une.

Dans toutes les photographies de ma série “Mondes d’ailleurs”, j’ai toujours privilégié l’insertion d’un élément qui sert de point de fixation (un phare, un bateau, une chapelle…). Il permet un ancrage du regard pour commencer à lire l’image. J’ai eu tendance à ne rien dire sur cet élément, encore moins sur le lieu de la prise de vue, préférant laisser à chacun la possibilité de se construire son propre récit.

L’expérience de l’exposition m’a fait comprendre que ce n’est pas suffisant. Un peu comme si vous cherchiez votre chemin sur une carte, mais sans connaitre les étapes et encore moins la destination. C’est pourquoi j’indique maintenant le lieu où j’ai pris la photo. Ce simple ajout apporte énormément. J’ai constaté que c’était d’une grande aide pour les visiteurs, d’autant plus que la plupart des personnes venues voir l’exposition connaissaient peu ou prou la région. Cela leur a permis de visualiser tout de suite le lieu et de lire plus facilement l’image et d’apprécier ma façon d’interpréter ces paysages.

Sur cette image, en précisant simplement qu’elle a été prise à la pointe Saint-Mathieu, on replace tout de suite les éléments (le sémaphore, les ruines et le phare) et on commence à chercher les détails, où est la chapelle, etc.

Le débrief

Ce petit voyage dans ma tête et mes réflexions se termine. Vous l’aurez compris, cette exposition a été une source de moults enseignements. Je pourrais en dénombrer beaucoup plus de quatre, mais ceux-là sont essentiels pour créer une vraie relation avec une photo :

  1. Accorder le papier à la photographie ;
  2. Adapter les formats d’impression à la photographie ;
  3. Associer le cadre à la photographie ;
  4. Apporter des détails sur la photographie.

Une photographie imprimée est un harmonieux équilibre de ces 4 points.

Ma série “Mondes d’ailleurs” est disponible en tirage d’art.


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