
Je ne fais pas de commandes.
Je crée mes photographies selon ce qui m'inspire, sans diktat extérieur.
Mais je sais que le public aime reconnaître sa ville, sa région, son micro-coin de nature dans les œuvres exposées.
Alors, quand je prépare une exposition, je m'arrange toujours pour avoir un tableau plus "couleur locale".
Comme cette fois où j'ai exposé au Guilvinec.
Le problème, c'était que je n'avais pas grand-chose à montrer de cette région, le pays bigouden. Quelques expériences, sans plus, mais rien qui ne soit à la hauteur de ce que je veux exposer.
Et il était évident pour moi que je n'allais pas faire une photo trop attendue, trop carte postale.
Je suis allé sur place plusieurs reprises, ce qui m'a permis d'explorer en profondeur le concept de ratage, de naviguer de photos loupées en photos quelconques.
Bref, ça ne fonctionnait pas.
Et puis, un jour, les planètes s'alignent, et ce qui n'avait pas marché jusqu'à présent trouve une voie : la lumière, la scène et l'inspiration se réunissent et composent le tableau que j'attendais.

